Manufrance Story

MANUFRANCE

(Compilations d'articles trouvés sur le net et libres d'accès)

complétée de recherches personnelles.

Merci à  Manufrance pour les renseignements qu'ils m'ont donnés

avec la plus grande gentillesse

Pour poursuivre votre information:

http://www.manufrance.fr/

Pat Webmaster


D'abord il faut savoir que les deux entreprises Stéphanoises fabricant des armes étaient complétement distinctes.

En effet, la Manufacture d'armes de St Etienne (MAS) fabriquait des armes militaires
alors que Manufrance fabriquait des fusils de chasse et tout autres produits qu'elle commercialisait par de la vente par correspondance.


1 *- Ascension de MANUFRANCE

Etienne Mimard et Pierre Blachon rachètent la « Manufacture Française d’Armes et de Tir » de Monsieur MARTINIER-COLLIN et la rebaptise « Manufacture Française d’Armes de Saint-Étienne » le 10 novembre 1885.
Elle connaît une expansion rapide puisqu’elle emploie 1000 salariés en 1898 et s’appelle depuis 1892, la « Manufacture Française d’Armes et de Cycles de Saint-Étienne ». Pour faire face à cette ascension maîtrisée, Etienne Mimard fait construire d’imposants bâtiments Cours Fauriel et transforme son entreprise en société anonyme sous le nom de MANUFRANCE.

A la mort de Pierre Blachon en 1914, il devient le seul maître à bord et entretient avec son personnel une relation très forte de type paternaliste qui le pousse à envisager de céder la moitié de ses parts à ses salariés à sa mort. Confronté à une grève de 100 jours en 1937, il change d’avis au profit de la municipalité de Saint-Etienne qui hérite finalement de la gestion d’un des fleurons de l’industrie forézienne.

Ses produits phares sont les armes, les machines à coudre, les cycles (la célèbre hirondelle) et la revue « Le chasseur français » qui font sa renommée à travers le pays.


La célèbre Hirondelle

Manufrance est la premiere société à s’intéresser à la vente par correspondance dont elle est facilement leader par l’intermédiaire du « catalogue Manufrance » qui propose dès 1930 la célèbre radio TSF dont le rôle sera primordial lors de la période trouble de l’Occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale.


Une des premières TSF sous la marque Manufrance

A la mort d’Etienne Mimard, la mairie de Saint-Etienne devient donc le patron de Manufrance, un cas peut-être unique en France, de direction municipale et publique surtout si on considère la taille de l’entreprise (3800 salariés en 1976) et son influence dans la vie de la cité stéphanoise.
Elle est amené progressivement à prendre des décisions stratégiques qui, on ne le sait pas encore, vont provoquer inéluctablement la descente aux enfers d’un groupe qu’on croyait pourtant à l’abri des retournements de conjonctures. Mais nous n’en sommes pas encore là.
En effet, les années soixante continuent à être, au moins officiellement, florissante. Des ateliers ligériens sortent 80000 armes de chasses, 30000 machines à coudre, les imprimeries éditent 720000 exemplaires du « Tarif-Albums » et 800000 du « Chasseur français »  

2 *- La déchéance de Manufrance


Manufrance à son apogée

Nous sommes dans les années 70. Le premier et second choc pétrolier ont frappé de plein fouet Manufrance confronté à une baisse de la consommation et au remboursement d’emprunts pour des investissements structurels colossaux décidés par la mairie propriétaire de l’entreprise. L’idée de construire des entrepôts gigantesques où tous les stocks de marchandises sont réunis au même endroit était séduisante au prime abord, mais mal exécutée, elle entraîne des répercutions de plus en lourdes au niveau financier pour mener à bien le projet
D’un autre côté, son outil de production devient de plus en plus obsolète et les ouvriers doivent continuer à travailler sur des machines qui ont plus de vingt ans d’âge empêchant Manufrance d’être évidemment compétitive face à ses rivaux qui se sont modernisés.

Elle doit en outre faire face à de nouveaux concurrents qui lui grignotent année après année des parts de marchés conséquentes dans ses métiers de prédilection. « La Redoute » et « les 3 Suisses » lui contestent son leadership dans la vente par correspondance et bientôt, en faisant preuve de plus de dynamisme, réussissent à la supplanter.
Sur le marché des armes et des cycles, la concurrence étrangère arrive également progressivement à proposer des produits plus adaptés et à des prix plus attractifs grâce à des coûts de production inférieurs à ceux de la société stéphanoise qui n’a pas su se remettre en question à temps.


LE FAMAS (Fusil d'assaut de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne)

En effet, les différentes directions qui se sont succédés au chevet de l’entreprise de plus en plus malade ont toujours été imprégnées de cette vision paternaliste de leur encombrant ancêtre, Etienne Mimard. Un exemple parmi tant d’autres. Alors que l’informatique commence à s’implanter dans l’univers industriel, Manufrance s’y intéresse à reculons. Elle achète des ordinateurs mais continue à privilégier une comptabilité manuscrite.

Conséquence inévitable : la société ne peut plus faire face à ses échéances et demande l’aide des banques pour renflouer les caisses. Ces dernières reculent devant cette municipalité communiste qui fait peur. Rappelons nous que nous somme en pleine période de guerre froide et la mairie dirigée par Joseph Sanguedolce complètement dépassée et impuissante, endettée jusqu’au cou, déjà empêtré dans le conflit larvée qui sévit à l’AS Saint-Etienne n’est pas en mesure d’enrayer la chute annoncée du plus beau fleuron de l’économie stéphanoise.


Le catalogue Manufrance 1979

Résultat : en 1979, Manufrance, en tant que société anonyme, est mise en liquidation judiciaire. Les repreneurs ne se pressent pas au portillon devant l’ampleur de la tâche et du gouffre financier à combler.

http://www.generationsdebats.com/component/option,com_weblinks/task,view/catid,28/id,134/

 

Bernard Tapie se présente en sauveur

Bernard Tapie tente bien de proposer un plan de restructuration mais c’est surtout pour lui un formidable coup de publicité à moindre coût afin de se faire connaître du grand public en profitant d’une situation et d’une exposition médiatique sans commune valeur avec la solution qu’il préconise : ni plus ni moins que le démantèlement des différentes entités afin officiellement de se débarrasser des secteurs déficitaires pour repartir sur de bonnes bases mais officieusement, il s’agit purement et simplement de revendre avec profit les activités rentables et de fermer les autres. Il jete l'éponge devant la contestation des syndicats et de la mairie qui ne peut accepter un tel projet quand bien même elle n’a pas de solution de rechange.

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&num_notice=13&full=Manufrance&total_notices=29

 

Bernard Tapie jette l'éponge

Après deux ans d’une lutte acharnée, la CGT, aidée des derniers irréductibles qui lui abandonnent leurs primes de licenciement pour un montant total de 9 millions de francs, crée en 1981 la Société de Coopérative Ouvrière de Production et Distribution (SOCPD) pour sauver ce qui peut l’être. Elle obtient des aides de l’Etat mais elle ne parvient pas à redresser la barre et en 1985, soit un siècle après le début de l’aventure initiée par Etienne Mimard, cette nouvelle société est elle-même mise en liquidation judiciaire.
Que s’est-il passé exactement pendant cette période trouble ? Difficile de le dire encore aujourd’hui. Tout juste peut-on croire que la CGT a fait de son mieux pour sauver l’entreprise et d’un autre côté, on sait également qu’elle a caché tout un stock, notamment des armes pour officiellement les substituer à la dilapidation inévitable du patrimoine de l’entreprise. Bien qu’elle ait, par la suite rendus ces stocks aux autorités, des zones d’ombres persistent que la justice n’est jamais arrivé à percer.

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&num_notice=2&full=st%E9phanois&total_notices=2

 

François Dubanchet croit toujours que la solution Tapie est possible

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=Manufrance&num_notice=4&total_notices=29

 

'est la fin

Le 19 février 1986, le matériel et les biens immobiliers sont vendus et le 20 juin 1988, les brevets ainsi que la Marque Manufrance sont également cédés.

Le mot fin peut alors être apposé sur un des plus beaux joyaux de l’industrie stéphanoise.

Après vérification, il n'est pas sûr que le FAMAS ait été fabriqué par Manufrance mais bien par le GIAT qui existait déjà en 1971.

Est-ce que le GIAT était le successeur de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne en ce qui concerne les questions d'armement militaire comme semble le suggerer son nom ?

Je n'ai trouvé nulle part la confirmation de cette hypothèse. 



 

Manufrance, un siècle d’innovation : 1885-1985

Couverture du catalogue Manufrance 1976

Couverture du catalogue Manufrance 1976.

Qui ne se souvient pas de Manufrance ? Fondée durant la seconde moitié du 19e siècle, cette entreprise appartient à notre patrimoine industriel au même titre que Michelin, Saint-Gobain, Le Creusot ou encore Schneider. Armes, cycles, articles de pêche, radios, aspirateurs, meubles, mobilier pliant de camping ou encore machines à coudre y étaient produits, sans oublier la publication du célèbre magazine mensuel Le Chasseur français1.

De nombreuses manifestations culturelles et scientifiques sont organisées cette année autour de l’histoire et de l’originalité de cette entreprise dont l’image est profondément associée à celle de Saint-Étienne.

Affiche de l'exposition organisée par le Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne "C'était Manufrance, un siècle d'innovation : 1885-1985"

Affiche de l'exposition "C'était Manufrance, un siècle d'innovation : 1885-1985"

Tout d’abord, le musée d'art moderne de Saint-Étienne accueille du 14 mai 2011 au 27 février 2012 une exposition intitulée C’était Manufrance, un siècle d’innovation : 1885-1985. Celle-ci présente selon un plan chronologique, près de 450 objets et accessoires issus de la production ou de la vie de la Manufacture. Un travail d’entretiens oraux, réalisé pour la période suivant la Seconde Guerre mondiale, complète les photographies et autres films d’époque. L’accent est mis sur le caractère précurseur de cette entreprise dans la mise en application des principes du taylorisme, de la vente par correspondance, de la publicité ainsi que sur le développement et la commercialisation constante des innovations techniques. Il faut également relever l’effort pédagogique fait en direction des pûblics scolaires, avec la mise en place d’ateliers thématiques et de visites guidées.

Couverture de l'ouvrage "Manufrance, l'album d'un siècle 1885-1985", 2011
Couverture de l'ouvrage "Manufrance, l'album d'un siècle 1885-1985", 2011

Ensuite, deux supports doivent permettre de laisser une trace de ce travail de recherches et de préservation mené par le Musée d’Art et d’Industrie. Un catalogue richement illustré a été publié et reprend ainsi sur plus de 330 pages le contenu de l’exposition avec pour titre Manufrance, l’album d’un siècle 1885-1985. Il est complété par un film documentaire d’une heure vingt réalisé par Marie Ange Poyet qui reprend les témoignages d’anciens acteurs ouvriers, cadres, responsables syndicaux, élus, hauts fonctionnaires de l’État et ministres. Plus de 120 heures d’entretiens ont ainsi servi de matière première à ce documentaire intitulé On les appelait les Manufrance, dont il est possible de voir ci-dessous un court extrait, tiré du site personnel de la réalisatrice.

 

Enfin, l'université Jean Monnet de St Etienne organise les 30 novembre, 1er et 2 décembre 2011 un colloque international et interdisciplinaire intitulé Manufrance : que reste-t-il de nos amours ? 100 ans d’innovation, 100 000 m2 de friche, des millions de souvenirs.. L'appel à contribution est lancé jusqu’au 1er juin et le programme définitif sera connu au courant de l’été.

Manufrance. Quelques éléments d’une histoire mouvementée

La société Manufrance2, fondée à partir d’un simple atelier de fabrication d’armes de Saint-Étienne en 1885 par Étienne Mimard et Pierre Blachon, a connu un rapide développement industriel et commercial, grâce à une diversification de sa production et à la mise en place d’un réseau commercial étendu  de magasins et de vente par correspondance. En 1944, Étienne Mimard, alors sans héritier et principal actionnaire, décide de léguer 50% des actions à la municipalité de Saint-Étienne et aux Hospices Civils de cette même ville3. Malgré la diminution progressive de sa place d’actionnaire, suite aux augmentations successives de capital, la municipalité a conservé une place suffisamment importante pour influer sur les décisions prises par la direction de l’entreprise. Au début des années 1960, le catalogue était tiré à 720.000 exemplaires, le fichier clients alignait plus d’un million de noms et adresses, cent magasins affichaient la marque aux quatre coins du pays, la revue Le Chasseur français tirait à plus de 600.000 exemplaires4.

En 1968 et 1969, l’entreprise connaît deux importants conflits qui ont notamment pour exigence la modernisation de l’appareil productif. Les années 1970 sont marquées par des erreurs de gestion avec, par exemple, la construction d’un entrepôt commercial qui se révèle peu fonctionnel à l’utilisation, la mise en place manquée de l’informatisation de la gestion commerciale ou l’absence d’investissement de renouvellement des machines-outils. À partir de 1974, la crise économique entraîne une aggravation des déficits de l’entreprise, les premières mesures de restructuration et de suppressions d’emplois n’améliorant pas la situation financière. En 1977, Auguste Blanc, désigné Président Directeur Général par le maire de Saint-Étienne Michel Durafour5, présente un plan de suppression d’un millier d’emplois concernant principalement le secteur productif. L’élection de Joseph Sanguedolce6 comme maire de Saint-Étienne à la tête d’une coalition d’Union de la Gauche en mars 1977 assure aux salariés le soutien de la municipalité. Manufrance connaît, à partir de mai 1977, de nombreuses mobilisations pour dénoncer les suppressions d’emplois et le dépeçage de l’entreprise.

La situation de l’entreprise n’évoluant pas, elle fait l’objet d’un règlement judiciaire et d’une mise sous tutelle en février 1979. Une importante manifestation se déroule alors à Saint-Étienne le 20 février 1979 à laquelle Raymond Barre répond par une phrase restée célèbre : « Manufrance, c’est fini ». La Société Nouvelle Manufrance est alors créée, prenant en location-gérance l’ensemble des biens et activités de la Société Anonyme Manufrance. Malgré la mobilisation du 18 octobre 1980 qui regroupe jusqu’à cent mille manifestants selon la CGT, la Société Nouvelle est mise en liquidation judiciaire le mois suivant. De quatre mille salariés en 1974, la société n’en comprend alors plus que deux mille en 1980. Une longue occupation de l’entreprise de deux cent vingt-cinq jours débute en décembre 1980 pour ne s’achever qu’en juin 1981.

Le 24 décembre 1980, la création d’une Coopérative Ouvrière7 est annoncée par une vingtaine de cadres et de techniciens avec le soutien de six cent salariés. La Société de Coopérative Ouvrière de Production et Distribution (SCOPD) doit alors négocier la reprise du contrat de location-gérance avec la Société Anonyme Manufrance, représentée par Bernard Tapie. Ces négociations n’aboutissent qu’en septembre 1981. A sa constitution, la Coopérative comptait 515 membres. Ils apportaient dans la corbeille leurs indemnités de licenciement, plus la prime que leur devait l’ASSEDIC en tant que chômeurs créant leur entreprise. Par une souscription populaire lancée à travers toute la France, 4.000 actionnaires supplémentaires souscrivent au capital. Au total, 20 millions de francs sont réunis. A cela, devaient s’ajouter des aides publiques sous forme de prêts bonifiés8. Les premières difficultés, notamment de trésorerie, apparaissent rapidement, d’autant plus que le contrat de location-gérance conclu par la SCOP ne comprend ni le réseau commercial, ni Le Chasseur français, tous deux vendus séparément. Après quatre années de luttes syndicales et de difficultés sur le plan financier9, une nouvelle usine dotée d’un équipement productif moderne sur le site de Duché est achevée. Mais la situation ne s’améliore pas et la SCOP dépose finalement bilan le 4 avril 1985. Deux semaines plus tard, le juge prononce la liquidation des biens ainsi que le licenciement des quatre cent salariés restants.

Débute alors une nouvelle occupation de l’entreprise qui dure vingt mois jusqu’en décembre 1986. Une action en justice est lancée contre les dirigeants de la Coopérative. Le 9 juillet 1992, le Tribunal de Grande Instance de Saint-Étienne rend son jugement. Bilan : 36 ans et deux mois d’emprisonnement – dont 22 ans et un mois avec sursis – sont distribués à 15 syndicalistes et deux experts comptables. 100.000 francs d’amendes pour ces derniers et, pour les syndicalistes, 36.406.000 francs à payer à un syndic de liquidation pour préjudice matériel et moral. […] Sur les 17 condamnés, les uns le sont pour abus de biens sociaux et recel, d’autres, les dirigeants syndicaux les plus responsables, pour complicité de vol et recel, d’autres enfin, les deux experts comptables, pour n’avoir pas dénoncé les faits que le Tribunal a jugés délictueux. Les dix-sept condamnés font appel. Le 31 mars 1993, date d’ouverture du procès en appel, la CGT appelle à une manifestation nationale à Lyon, regroupant au total plus de soixante mille manifestants, en soutien aux militants condamnés. L’arrêt rendu le 2 juin de cette même année par la Cour d’appel de Lyon opte pour la relaxe de l’ensemble des dirigeants et syndicalistes de la SCOPD Manufrance, marquant ainsi la fin de l’affaire Manufrance.

Une page d’histoire se tourne, même si la marque ne disparait pas. La Société Manufrance  existe toujours, après avoir été reprise par un industriel de la Loire. Le Chasseur français pour sa part est désormais propriété d’une holding italienne.

 

  1. Originellement désignée sous le nom de Manufacture Française d’Armes et de Tir, la société devient après son achat en 1885, la Manufacture Française d’Armes de Saint-Étienne. En 1892, une nouvelle appellation est retenue : Manufacture Française d’Armes et de Cycles de Saint-Étienne. Elle adopte finalement le statut juridique de société anonyme sous le nom Manufrance.
  2. A l’origine, le personnel de l’entreprise devait bénéficier de ce legs. Cependant, il a été solennellement déshérité après la grève de cent jours qu’a connu l’entreprise en 1937. La municipalité n’avait toutefois pas été neutre lors de cet important conflit, puisqu’une subvention d’un million de francs en soutien des grévistes avait été adoptée par le conseil municipal.
  3. Philippe Munck, Manufrance, nous accusons, Montreuil, VO éditions, Hors-série numéro 2, février 1993, 47p., p. 16.
  4. Maire de Saint-Étienne de décembre 1964 à mars 1977, Député de la Loire de 1967 à 1981, Sénateur de la Loire de 1965 à 1967, puis de 1983 à 1988, Michel Durafour a été Ministre du Travail de 1974 à 1976 puis ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’Économie, des Finances et du Budget de 1976 à 1977.
  5. Ancien mineur, ancien secrétaire général de l’Union Départementale CGT et militant du PCF.
  6. Pour un rappel historique sur les associations ouvrières de production, voir Jacques Le Goff, Du silence à la parole. Une histoire du droit du travail des années 1830 à nos jours, Rennes, PUR, coll. « L’univers des formes », 2006, pp. 131-133
  7. Philippe Munck, Manufrance, nous accusons, Montreuil, VO éditions, Hors-série numéro 2, février 1993, 47p., p. 21.
  8. Dûs en partie à l’accumulation des retards dans le versement des sommes dues par les ASSEDIC, du délai de conclusion du premier protocole financier avec l’État (19 mars 1982), puis du second (4 août 1983) et des délais administratifs de versement des aides.
  9. Extraits du projet de texte concernant l’affaire « Manufrance », suite au jugement prononcé par le TGI de Saint-Étienne le 9 juillet 1992. Disponible dans la Pochette rose, Boîte d’archivage numéro 1, Affaire « Manufrance », Fonds « Philippe Munck », IHS-CGT, Montreuil. [
 

Le 10 novembre 1887, Etienne Mimard et Pierre Blachon, qui ont déposé le 27 octobre 1887 le brevet du fusil Idéal, achètent la « Manufacture Française d’Armes et de Tir » de Monsieur Martinier-Collin pour 50 000 pièces-or . Deux ans auparavant, soit en 1885, est créé Le Chasseur Français, un périodique sur le monde de la chasse. En 1892, s'ouvre le premier magasin de vente à Paris au 42 rue du Louvre. Peu de temps après la découverte de la bicyclette, l'entreprise lance la sienne sous le nom d'Hirondelle. De fait, l'entreprise est rebaptisée  Manufacture française d'armes de Saint-Étienne". La mention "et cycles" sera ajoutée en 1901.

Les années de gloire

En 1893 commence la construction des bâtiments du cours Fauriel à Saint-Etienne. La même année est introduite la gamme d'articles de pêche Tarif-Album. En 1887 est lancé le fusil Idéal, un fusil de chasse juxtaposé. En 1897 est créée la carabine mono-coup Buffalo, une carabine de tir et de jardin. En 1900, 80 succursales sont déjà ouvertes dans les colonies françaises[3].

En 1902, une centrale électrique est construite pour l'usine. En 1904, l'entreprise propose à ses clients ses premières cartouches prêtes à l'emploi. En 1906 est créée la machine à coudre Omnia. La société possède 8 magasins en France et 367 agences à l'étranger et dans les départements d'Outre-Mer. En 1908 est lancé le fusil Simplex.

En 1911, la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne prend le nom de Manufrance et devient une société anonyme ; Etienne Mimard en est le premier directeur général. En 1913 est lancé le fusil Robust, un fusil de chasse juxtaposé, la référence pour ce type de fusil. Manufrance sort une bicyclette modéle grand tourisme, avec 6 vitesses rétro-directe et roue libre, pour un prix de 200 frcs.

En 1914, Pierre Blachon décède et lègue la majorité des actions aux Hospices civils de Saint-Etienne. Manufrance lance le pistolet Le Français et met au point le pneu démontable. À cette date, Manufrance a des magasins dans quinze des plus grosses villes françaises : Rouen, Paris, Avignon, Toulouse, Nantes, Lille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Nancy, Troyes, Valence, Lyon, Nice...

En 1929, avec la crise et la multiplication des taxes et des impôts sur la société, les affaires sont plus difficiles.

En 1939, Le Chasseur français est tiré à 450 000 exemplaires. En 1944 le fondateur, Étienne Mimard, décède. Il avait renoncé, depuis les grèves de 1937, à léguer la moitié des actions qu'il détenait à ses employés ; il les transfère à la mairie de St Etienne. Pierre Drevet devient PDG. En 1945, Manufrance s'adjoint des commerces indépendants pour ouvrir des magasins agréés Manufrance. En 1952, Jean Fontvieille succède à Pierre Drevet[3].

La 2e guerre mondiale a un lourd impact sur Manufrance. En effet, Etienne Mimard ne souhaite pas collaborer avec les Allemands et, de ce fait, ne bénéficie pas du matériel que ceux-ci pourraient fournir.

En 1952, Manufrance crée la carabine Reina à répétition automatique et calibre 22 LR à 8 coups. En 1958, se crée le fusil Rapid, fusil de chasse à pompe. En 1962, est lancé le fusil Perfex, fusil de chasse semi-automatique à 3 coups et en 1968, le fusil Falcor, fusil de tir et de trap.

En 1970, Manufrance fabrique plus de 70 % des armes de chasse françaises. L'entreprise dispose de 125 000 m² d'usines à Saint-Étienne. Elle expédie chaque année 20 000 tonnes de marchandises en France et dans le monde entier. 48 magasins sont répartis dans toute la France. 1 500 000 foyers reçoivent le catalogue.

En 1973, à son apogée, Manufrance dispose de 64 magasins dans toute la France, 30 000 références sont présentes dans le catalogue, 30 000 machines à coudre Omnia sont livrées. Le Chasseur Français est vendu à plus de 815 000 exemplaires. Manufrance est une société industrielle et commerciale à dimension internationale produisant plus de 80 000 fusils par an, avec plus de 4000 salariés[3].

Cependant l’élargissement de la CEE accentue la concurrence et celle-ci devient plus difficile encore à supporter avec l'ouverture au monde (lorsque sont introduites des machines à coudre japonaises sur le marché français par exemple).

La fin

1944 le fondateur lègue à la municipalité de Saint-Étienne la moitié des actions détenues.

1979 mise en règlement judiciaire. Création de la Société nouvelle Manufrance.

1980 le 23 octobre, le tribunal de commerce de Saint-Étienne annonce le dépôt de bilan. Bernard Tapie, sans réussir à mettre la main sur les actifs de l'entreprise, obtient l'exploitation de la marque. La société devient Société de Coopérative Ouvrière de Production et Distribution (SCOPD), un plan de relance est établi en 1982...mais rien n'y fait].

1985 liquidation judiciaire

19 février 1986, vente du matériel, du mobilier et des immeubles.

La renaissance

Après le rachat de quelques marques du portefeuille de l'ancienne société Manufrance, et la création le 1er octobre 1988 de la SARL « Manufacture française d'armes de Saint-Étienne » dont il est le gérant, Jacques Tavitian relance l'activité par le biais d'un magasin à Saint-Étienne et un catalogue de vente par correspondance. La production de fusil (Robust et Simplex) est également relancée.

Les Archives départementales de la Loire qui conservaient depuis vingt ans le fonds d’archives de Manufrance, ont décidé en 2010 avec le conseil général et l' Université Jean Monnet de les inventorier et de les classer. Les Archives départementales inaugurent cette renaissance par une exposition, « De l’entreprise à l’histoire, les archives traversent le temps : l’exemple de Manufrance », jusqu’au 26 février 2010[7]. Cette exposition relate sur des panneaux l’histoire de l’entreprise, montre quelques produits qui en ont fait la gloire (machine à coudre Omnia, fusil Robust) ainsi que le fameux catalogue qui fut diffusé à 300 000 exemplaires dans les plus belles années, au cours desquelles 4 000 personnes travaillaient cours Fauriel.

 

Activités

Activités jusqu'en 1985

Cette entreprise s'est fait connaître dans le monde entier par son catalogue de vente par correspondance et son journal, le chasseur français . Elle produisait entre autres des armes, des cycles, des machines à coudre, des articles de pêche...

En 1977, le catalogue de 960 pages comprenait 4 parties :

  • la vie en plein air
    • jardin, camping, chasse
    • la pêche, cycles, les sports
    • autos, voyage
    • habillement
  • la maison
    • blanc, machines à coudre
    • électroménager, chauffage
    • ameublement, tapis, luminaires
    • coutellerie, orfèvrerie, ménage
  • les loisirs
    • radio-télé, photo, le bureau moderne, lecture, dessin
    • reliure, jeux et jouets, horlogerie, cadeaux
  • bricolage - jardinage
    • bricolage, outillage, quincaillerie
    • jardin, élevage, travaux d'extérieur

Activités en 2010

En 2010, l'entreprise commercialise par le biais de son catalogue général et du catalogue « Armes et munitions », de nombreux articles concernant la randonnée, la pêche, la chasse, la coutellerie... Un réseau de magasins Manufrance est en cours de développement. L'entreprise possède également une unité de production pour la fabrication d'armes de chasse, montées en France : fusil Robust, fusil Simplex et plus récemment fusil Falcor. L'entreprise possède également un atelier d'armurerie en mesure de restaurer les anciennes armes Manufrance (fusils Idéal et Perfex).

La marque « Falcor » a été déposée à l'INPI le 3 janvier 1979. La marque « Simplex » et la marque « Idéal » ont été déposées à l'INPI le 13 juin 1980. La marque « Robust » a été déposée à l'INPI le 7 avril 2008. Toutes ces marques ainsi que la marque « Manufrance » appartiennent à l'EURL « TJ Marque » de Jacques Tavitian.

Enfin, la société Manufrance a réédité les anciens catalogues des années 1894 et 1910 ainsi que des affiches.

Le site de la manufacture

À Saint-Étienne

 
Les anciens bâtiments de Manufrance, aujourd'hui réhabilités en pôle tertiaire

Le site de la manufacture a été transformé

 

Les magasins à Paris et en région

En 1977, Manufrance disposait de 100 magasins[11] dont les plus importants étaient :

  • à Paris, un très grand magasin, 42 rue du Louvre
  • à Aix-en-Provence, Avignon, Bordeaux, Cannes, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Nice, Rouen, Saint-Étienne, Toulon, Toulouse, Tours, Troyes, Valence

Vous faites partie des nombreux clients intéressés par le devenir de Manufrance.
Cette fidélité nous engage notamment en matière de transparence sur l'origine des produits que nous commercialisons.
Aussi, nous avons décidé de préciser les lieux de fabrication des produits et pour ce faire, nous devons procéder à des réaménagements internes.
Notre site internet, vous informera progressivement de cette évolution stratégique. Il vous permettra aussi dans l'attente de disposer des produits de fin de stocks que nous cédons à des prix très compétitifs.

Les Produits Manufrance

Ils sont décidés à partir du siège social de Manufrance. Ses services notamment techniques et marketing les définissent.

"Les produits sont emprunts du savoir faire et de la culture de Manufrance.Les relations avec les points de fabrication partent toutes de St Etienne. En effet, Manufrance dispose maintenant de différents sites de production répartis en France représentés par des PME dynamiques et ambitieuses. Celà a pour avantage de réduire les risques inhérents au regroupement de la production sur un seul et même site.

La commercialisation des produits est essentiellement confiée à des magasins et/ou sites spécialisés.

Les services après-vente restent fixés à St Etienne. 

Bien à vous.

La Direction." ('sic)

 

Manufrance d'Hier à Aujourd'hui

  • 1885  Etienne MIMARD est à Saint Etienne à la recherche d’un emploi. Il a le choix entre une usine de ruban et la «MANUFACTURE FRANCAISE D’ARMES ET DE TIR». Il choisit de rentrer au sein de l’entreprise de vente d’armes de chasse puisqu’il sait déjà fabriquer des armes... Cette même année, le CHASSEUR FRANCAIS paraît pour la première fois (le N° 1 porte la date du 15 juin 1885 et comporte 4 pages).
  • 1887  Etienne MIMARD, 23 ans, et Pierre BLACHON, 29 ans (fabricant d’armes), rachètent la «MANUFACTURE FRANCAISE D’ARMES ET DE TIR» à MM. MARTINIER-COLLIN pour 50 000 F «or». Ils nomment leur société «MANUFACTURE FRANCAISE D’ARMES DE ST ETIENNE».
  • 1889  Création du fusil IDEAL, fusil de chasse juxtaposé haut de gamme, un des premiers fusils sans chien apparent. Première apparition des cycles dans un petit catalogue édité par la Manufacture et tiré à 20 000 exemplaires.
  • 1890  Le catalogue est tiré à 300 000 exemplaires et envoyé gratuitement à tous les chasseurs de France.
  • 1892  Ouverture du premier magasin de vente à PARIS, au 42 Rue du Louvre. Peu de temps après la naissance de la bicyclette en Angleterre, la «Manufacture Française d’Armes de Saint Etienne» lance la marque HIRONDELLE pour ses cycles. L’entreprise devient ainsi la «MANUFACTURE FRANCAISE D’ARMES ET DE CYCLES DE SAINT ETIENNE».
  • 1893  La construction des immenses bâtiments du Cours Fauriel à ST ETIENNE commence. Introduction d’articles de pêche dans le catalogue dénommé «TARIF-ALBUM».
  • 1897  Création de la carabine monocoup BUFFALO, carabine de jardin et de tir (cal 9, 12 mm et 22 LR).
  • 1900  80 succursales sont déjà ouvertes dans toutes les colonies françaises. Application de la roue libre aux cycles de la Manufacture par Jean FASANO, inventeur et Sous-Directeur de la Manufacture. (Source Essor de la Loire). Elargissement de la gamme de cycles HIRONDELLE.
  • 1902  Construction d’une centrale électrique pour l’usine.
  • 1904  La MANUFACTURE propose à sa clientèle ses premières cartouches prêtes à l’emploi.
  • 1906  Création de la machine à coudre OMNIA. La société possède alors 8 magasins en France et 367 agences à l’étranger et dans les départements d’Outre-Mer.
  • 1908  Création du fusil SIMPLEX, fusil de chasse monocoup.
  • 1911  La MANUFACTURE FRANCAISE D’ARMES ET CYCLES DE ST ETIENNE prend l’appellation commerciale «MANUFRANCE» et devient une Société Anonyme, dont Etienne MIMARD est le premier Président Directeur Général.
  • 1913  Création du fusil ROBUST, fusil de chasse juxtaposé, la référence dans ce type de fusil. MANUFRANCE sort une bicyclette modèle grand tourisme, 6 vitesses, rétro-directe et roue libre pour une somme de 200 F.
  • 1914  Décès de Pierre BLACHON qui lègue la majorité de ses actions aux Hospices Civils de St Etienne. Création du pistolet LE FRANCAIS. Mise au point du pneu démontable. Durant cette première partie du siècle, MANUFRANCE a déjà ouvert une quinzaine de magasins dans les plus grandes villes de France dont Nantes, Rouen, Lille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Toulouse, Avignon, Nancy, Troyes, Valence, Lyon, Marseille, Nice, ...
  • 1939  Le CHASSEUR FRANCAIS est alors tiré à 475 000 exemplaires.
  • 1944  Décès d’Etienne MIMARD qui lègue ses actions à la ville de St Etienne. Pierre DREVET devient Président Directeur Général.
  • 1945  Début des ouvertures d’agences agréées MANUFRANCE. Un premier pas de MANUFRANCE vers une relation avec le commerce indépendant.
  • 1952  Jean FONTVIEILLE succède à Pierre DREVET à la tête de MANUFRANCE.
  • 1954  Création de la carabine REINA, à répétition automatique calibre 22 LR, 8 coups.
  • 1958  Création du fusil RAPID, fusil de chasse semi-automatique à pompe.
  • 1962  Création du fusil PERFEX, fusil de chasse automatique 3 coups.
  • 1969  Création du fusil FALCOR, fusil superposé de chasse et de trap.
  • 1970  MANUFRANCE fabrique 65 % de la production française d’armes de chasse. L’entreprise dispose de 125 000 m² d’usines à St Etienne. Elle expédie chaque année 20 000 tonnes de marchandises en France et dans le monde entier. 48 magasins et agences sont répartis dans toute la France. 1 500 000 foyers reçoivent le catalogue.
  • 1973  Il y a 64 magasins à l’enseigne en France. 30 000 références sont alors représentées au catalogue. MANUFRANCE fabrique près de 30 000 OMNIA par an. Le CHASSEUR FRANCAIS est diffusé à 815 000 exemplaires. MANUFRANCE est alors une société industrielle et commerciale de dimension internationale produisant plus de 80 000 fusils par an, avec plus de 4 000 salariés.
  • 1975  Des difficultés importantes apparaissent. En effet, outre les effets négatifs du premier choc mondial pétrolier sur la consommation, l’outil de production n’a pas suivi les évolutions. Le transfert de la VPC dans les nouveaux locaux du quartier de Molina à St Etienne provoque des problèmes commerciaux. Ces difficultés portent préjudice au fonctionnement normal de l’entreprise, des remous internes débutent, les problèmes s’amplifient.
  • 1979 La S.A. MANUFRANCE est mise en règlement judiciaire. Elle autorise une location-gérance à la Société Nouvelle Manufrance sous la direction de Mr MESTRIES (90 000 commandes en Vente Par Correspondance à 450 F de moyenne, à 3 mois du lancement du catalogue. Mais la Société Nouvelle Manufrance ne peut pas servir les commandes par manque de fonds de roulement non accordés par les banques).
  • 1980  Mise en liquidation de la Société Nouvelle Manufrance. La S.A. MANUFRANCE annule son contrat de location-gérance. Le 22 Octobre, occupation des locaux de MANUFRANCE par les salariés pendant 7 mois. Le Tribunal de Commerce vend alors le CHASSEUR FRANCAIS. Fin décembre, 20 syndicalistes mettent en place en 6 jours une Société de Coopérative Ouvrière de Production et Distribution (S.C.O.P.D.). 600 salariés qui restent dans l’occupation adhèrent à la S.C.O.P.D. MANUFRANCE en tant que coopérants.
  • 1981  La S.C.O.P.D. MANUFRANCE (qui bénéficie d’un contrat de location-gérance émanant de la S.A. MANUFRANCE) relance la fabrication HIRONDELLE, OMNIA, ROBUST, SIMPLEX, FALCOR CHASSE, FALCOR TIR, RAPID, IDEAL, PERFEX, REINA, MERCURE). Les coopérateurs ont versé leur indemnité de licenciement (environ 9 Millions de Francs). Le Tribunal de Commerce officialise la reprise du travail. Des coopérateurs extérieurs déposent 4 000 parts participatives.
  • 1982  Le nouveau gouvernement accepte le plan de redressement et apporte une participation de 40 Millions de Francs (subventions, créations d’emplois, ...) et 40 Millions de Francs de prêts participatifs.
  • 1985  Mise en liquidation des biens de la S.C.O.P.D. Résiliation du contrat de location-gérance avec la S.A. MANUFRANCE. Devant ces échecs successifs de location-gérance, la S.A. MANUFRANCE est mise en liquidation de biens. Plusieurs ventes sont alors décidées. Le 19 Février 1986, sont vendus le matériel, le mobilier et les immeubles. Le 20 Juin 1988, Jacques TAVITIAN, homme d’affaires régional, acquiert l’essentiel des marques, brevets et modèles de la «MANUFACTURE FRANCAISE D’ARMES ET CYCLES DE ST ETIENNE», dont notamment les marques MANUFRANCE et MF...
 
 

L’acquisition de l’essentiel des marques et brevets (droits industriels et intellectuels rattachés) par Jacques TAVITIAN, qui annonce clairement son intention de réorganiser MANUFRANCE, suscite dans les plus grands médias français une réaction positive et largement diffusée. Sont alors créées à St Etienne des structures humaines et matérielles destinées à édifier une stratégie d’exploitation sur le plan industriel avec en ligne de mire, l’organisation d’un réseau de vente. 

En effet, la notoriété et l’image de marque de MANUFRANCE sont telles que la marque est une véritable institution liée à l’histoire et au savoir-faire local. Des industriels régionaux participent à l’élaboration de produits manufacturés avec le concours des techniciens du nouveau groupe MANUFRANCE reconstitué. En effet, le savoir-faire MANUFRANCE qui a fait sa réputation de qualité sera perpétué. De nombreux clients communiquent leurs encouragements et leur soutien à la renaissance de MANUFRANCE. Ces encouragements viennent non seulement de France mais aussi des cinq continents. Six années de travail sont nécessaires pour implanter des structures industrielles et pour reconstituer les produits phares de la Manufacture. Il est dès lors nécessaire d’aborder les méthodes de commercialisation et différents tests commerciaux sont effectués.

  • 1990  Commercialisation à nouveau des produits MANUFRANCE. Création du bureau d’études et des méthodes. Informatisation de la conception des armes MANUFRANCE.
  • 1991  Premiers tests marketing en grande distribution avec des produtis d’outillage à mains. 800 références pour ces produits labellisés.
  • 1993  Ouverture du premier magasin MANUFRANCE à Saint Etienne.
  • 1994  Ouvertures des magasins franchisés à Chambery et Rodez.
  • 1995  Une nouvelle gamme de produits vient s’ajouter aux deux familles traditionnelles que sont la chasse et le cycle.


Suite à ces différents tests, la commercialisation des produits MANUFRANCE sera assurée en 1999 :
- En France : par un catalogue de Vente Par Correspondance et un réseau de magasins Relais MANUFRANCE
- A l’étranger : par des distributeurs spécialisés

  • 1999  En Juin, édition d’un catalogue Chasse-Nature reprenant la gamme d’armes et de munitions. En novembre, édition d’un catalogue «Spécial Idées Cadeaux»
  • 2000  En mai, sortie d’un catalogue général annuel MANUFRANCE 2000 de 40 pages tout en couleurs. Le 13 Septembre, ouverture du premier Relais MANUFRANCE à MILLAU dans l’Aveyron.
  • 2001  Sortie d’un catalogue général annuel de 80 pages couplé avec le développement de Relais MANUFRANCE.
  • 2003  La production met en place centre d’usinage, méthodologie, etc...
  • 2005  Une dizaine de relais MANUFRANCE ont été ouvert pour tester cette formule de distribution.
Cette formule n'a pas été renouvelée et abandonnée.
  • 2007  MANUFRANCE lance son propre site Internet, www.manufrance.fr qui permet une présentation en ligne de la société. Le catalogue général annuel est édité à 70000 exemplaires pour 128 pages et le dépliant Armes et Munitions est édité à 50000 exemplaires sur 50 pages.
  • 2009  MANUFRANCE réédite le catalogue de la Manufacture Française d’Armes et de cycles de Saint Etienne de l’année 1910.
  • 2010  Le catalogue général annuel comporte 148 pages présentant de plus en plus de produits de la marque. Ce même catalogue est édité à 80000 exemplaires dont 62000 sont transmis directement au fichier.
  • 2011  Le catalogue général annuel comporte 172 pages dont le supplément Armes, Munitions et rechargement. L’unité de production investit dans de nouvelles machines, notamment à bois.
  • 2012  Le fichier client s'élargit et se précise. Le magasin central de St Etienne devient un point d'accueil de la vente par correspondance. Le bureau d'études et méthodes investit en matériel afin contrôler au mieux la résistance et la durabilité de produits manufacturés. Un site dédié à des partenaires fabricants de produits français est fédéré par Manufrance. Des fabricants de renoms y sont présentés.
  • 2013  Le site vitrine Manufrance est amélioré pour devenir un site marchand. Trois catalogues annuels spécialisés sont testés en vue de remplacer le catalogue général.
  • 2014  Manufrance labellise des produits issus du monde entier.

 

Le catalogue" Manufrance" et le "Chasseur Français" livres de chevet des Auvergnats

Manufrance

Le catalogue

 

Il faisait  rêver car beaucoup de choses était hors de portée des ouvriers mais  il donnait des idées pour fabriquer les choses soit même.

Comme dans ce catalogue on trouvait de tout  il était fréquent que l’on commande un outil bien spécifique.

Les agriculteurs, les vignerons, apiculteurs, chasseurs, campeurs, pécheurs, jardiniers, couturières, coiffeurs, trouvaient tout le matériel nécessaire à leurs besoins

 Il y avait aussi le livre mensuel  « chasseurs français » qui était présent dans beaucoup de famille celui-ci était aussi édité par la société Manufrance.

Il était dédié plus au gens de la campagne car il parlait de chasse,pèche,jardinage,nature,écologie.

Pour vous faire une idée de l’impact que pouvait avoir ce catalogue et ce mensuel voici un peu d’histoire de cette société et des échantillons de produits et matériel.

Création

Le 10 novembre 1887, Étienne Mimard et Pierre Blachon achètent la « Manufacture Française d’Armes et de Tir » de Monsieur Martinier-Collin pour 50 000 pièces-or. Deux ans auparavant, soit en 1885, est créé Le Chasseur français, un périodique sur le monde de la chasse. En 1892, s'ouvre le premier magasin de vente à Paris au 42 rue du Louvre. Peu de temps après la découverte de la bicyclette, l'entreprise lance la sienne sous le nom d'Hirondelle. De fait, l'entreprise est rebaptisée[1] Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne.

Les années de gloire]

En 1893 commence la construction des bâtiments du cours Fauriel à Saint-Etienne. La même année est introduite la gamme d'articles de pêche Tarif-Album. En 1897 est créée la carabine mono-coup Buffalo, une carabine de tir et de jardin. En 1900, 80 succursales sont déjà ouvertes dans les colonies françaises[].

En 1902, une centrale électrique est construite pour l'usine. En 1904, l'entreprise propose à ses clients ses premières cartouches prêtes à l'emploi. En 1906 est créée la machine à coudre Omnia. La société possède 8 magasins en France et 367 agences à l'étranger et dans les départements d'Outre-Mer. En 1908 est lancé le fusil Simplex.

En 1911, la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne prend le nom de Manufrance et devient une société anonyme ; Etienne Mimard en est le premier directeur général. En 1913 est lancé le fusil Robust, un fusil de chasse juxtaposé, la référence pour ce type de fusil. Manufrance sort une bicyclette modéle grand tourisme, avec 6 vitesses rétro-directe et roue libre, pour un prix de 200 frcs.

En 1914, Pierre Blachon décède et lègue la majorité des actions aux Hospices civils de Saint-Etienne. Manufrance lance le pistolet Le Français et met au point le pneu démontable. À cette date, Manufrance a des magasins dans quinze des plus grosses villes françaises : Rouen, Paris, Avignon, Toulouse, Nantes, Lille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Nancy, Troyes, Valence, Lyon, Nice...

En 1929, avec la crise et la multiplication des taxes et des impôts sur la société, les affaires sont plus difficiles.

En 1939, Le Chasseur français est tiré à 450 000 exemplaires. En 1944 le fondateur, Etienne Mimard, décède. Il avait renoncé, depuis les grèves de 1937, à léguer la moitié des actions qu'il détenait à ses employés ; il les transfère à la mairie de Saint-Étienne. Pierre Drevet devient PDG. En 1945, Manufrance s'adjoint des commerces indépendants pour ouvrir des magasins agrées Manufrance. En 1952, Jean Fontvieille succéde à Pierre Drevet.

La 2e guerre mondiale a un lourd impact sur Manufrance. En effet, Etienne Mimard ne souhaite pas collaborer avec les Allemands et, de ce fait, ne bénéficie pas du matériel que ceux-ci pourraient fournir.

En 1952, Manufrance crée la carabine Reina à répétition automatique et calibre 22 LR à 8 coups. En 1958, se crée le fusil RAPID, fusil de chasse à pompe. En 1962, est lancé le fusil Perfex, fusil de chasse semi-automatique à 3 coups et en 1968, le fusil Falcor, fusil de tir et de trap.

En 1970, Manufrance fabrique plus de 70 % des armes de chasse françaises. L'entreprise dispose de 125 000 m² d'usines à Saint-Étienne. Elle expédie chaque année 20 000 tonnes de marchandises en France et dans le monde entier. 48 magasins sont répartis dans toute la France. 1 500 000 foyers reçoivent le catalogue.[]

En 1973, à son apogée, Manufrance dispose de 64 magasins dans toute la France, 30 000 références sont présentes dans le catalogue, 30 000 machines à coudre Omnia sont livrées. Le Chasseur Français est vendu à plus de 815 000 exemplaires. Manufrance est une société industrielle et commerciale à dimension internationale produisant plus de 80 000 fusils par an, avec plus de 4000 salariés[2].

Cependant l’élargissement de la communauté (CEE) accentue la concurrence et celle-ci devient plus difficile encore à supporter avec l'ouverture au monde (lorsque sont introduites des machines à coudre japonaises sur le marché français par exemple).

La fin,

En 1944 le fondateur lègue à la municipalité de Saint-Étienne la moitié des actions détenues. Ce qui marquera la fin de l'entreprise plus de 40 ans plus tard dans les années 1970, la crise survint lorsque la mairie communiste dirigée par Joseph Sanguedolce doit gérer les difficultés

 

6 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 2016-12-15 19:45:58